Étant persuadé que l'on s'y prend mal pour gérer notre économie, je me suis dit qu'il fallait absolument sortir de la situation actuelle et trouver une alternative économique. Mais pour cela il nous faut des outils, le simple désir de faire changer les choses, sans proposer une alternative crédible n'a pas de sens et est stérile. J'ai fait de Tera la première étape de ma recherche.

Tera est une association ayant pour but de développer une expérience d'éco hameau.
Un des initiateurs de ce projet est Frédéric Bosqué.

Je connaissais la personne de Frédéric Bosqué dans le rôle d'un des promoteurs du Sol violette à Toulouse lancé en 2011.
Le Sol Violette a été un des précurseurs des MLC telle qu'elles sont définies aujourd'hui dans la loi de finance 2014 en France. Ce projet avait fait bouger les lignes de notre société de consommation et avait mis en exergue une idée qui m'est chère : On ne crée pas une loi en amont pour faire changer le monde, on le fait changer par l'action, puis on crée les règles qui encadrent ce nouveau paradigme pour le généraliser.
Tera s'inscrit dans une démarche similaire : on est dans l'expérimentation. Passant de la théorie à la pratique les acteurs de Tera se sont donnés pour rôle de prouver par l'expérience qu'il était possible de créer un mode de fonctionnement sociétal plus efficient, plus résiliant et plus épanouissant pour les personnes qui l'habitent, que notre société de capitaliste actuelle.

Tera, aujourd'hui, c'est une quinzaine de membres permanents , des centaines de bénévoles, un siège social, plusieurs prototypes de maison autonome, un projet de permaculture allant du potager à la foret comestible, des ruches, un marché bio et surtout le savoir faire qui permet toutes ces réalisations.
Après avoir validé sa première phase, Tera entre dans la deuxième . Cette étape est significative car on rentre dans le vif du sujet, la création de la coopérative intégrale, le déploiement d'une dizaine de maison autonome et le versement progressif aux habitants d'un revenu d'autonomie en monnaie locale citoyenne.

J'ai eu l'occasion d’assister à une réunion de travail pour le développement de la coopérative. Utilisant des méthodes de travail participative, les porteurs de projet font avancer leur entreprise au sein de la coopérative de Tera avec l'aide des autres volontaires.
Le langage utilisé ne jurerait pas dans une salle de réunion d'une entreprise classique, on parle d'objectif, de besoin à remplir pour les clients, de coût, de communication, de rémunération, de phase de développement et d'exploitation.
Mais ce qui tranche c'est que chaque acteur a un contrôle complet de son projet et en décide de la teneur. De plus chacun est libre de décider à quelle hauteur il intégrera cette activité dans la coopérative. Ce qui est appelé à Tera : le principe de participation libre et consciente. Principe qui est déjà en œuvre aujourd'hui et qui permet à chacun de s'impliquer en terme de temps ou de financement à la hauteur de ses envies ou de ses moyens.

En tant qu'observateur extérieur ce qui m'a frappé a été la facilité qu'ils avaient à gérer l'action collective. Sans convocation formelle une dizaine de personnes s'étaient rassemblées pour participer à l'atelier. En quelques heures on avait balayé un champ très large de deux projets différents. Cette action collective avait poussé les porteurs de projet à mieux définir leur besoins et à définir des objectifs à atteindre. L'ambiance était bienveillante avec des moments de franche rigolade tout en étant studieuse et rigoureuse : on était pas là pour ergoter, mais bien pour travailler.
Je pense que de nombreux chefs de projet rêverait d'une efficacité pareille dans leur vie professionnelle.

Le projet Tera est multiforme et pendant qu'une partie des personnes présentes sur le site participai à la réunion collective d'autres étaient à la construction d'un four à bois pour la cuisson de pain pour la coopérative et l'usage des habitants de Tera.
Donc pendant qu'une partie des habitants fournissaient l'effort abstrait de conception des futures activités de la coopérative, d'autres construisaient de pierre et de brique un autre élément de cette même coopérative . Ce mélange des genres très particulier fait selon moi la force de ce projet .
J'ai trouvé chez toutes les personnes rencontrées à Tera un mélange de pragmatisme et d'utopie. Chacun a conscience de faire partie d'un projet ambitieux et précurseur mais n'en idéalise pas l’aboutissement.

Ce blog est issu de la réflexion que nous avons besoin d'outils pour mesurer notre activité de manière différente que la sphère commerciale et que se limiter au PIB pour mesurer notre activité est une erreur fondamentale.
Dans le sillage de cette réflexion j'ai une autre conviction : le concept du créative common et de l'open source ont jeté les base de l’économie de demain et ce qui peut paraître aujourd'hui comme des anecdotes aux yeux de la plus part sont en fait les prémices d'un mouvement de masse qui forgera la société de demain.

C'est avec cette idée en tête que j'ai préparé une interview afin de voir si je trouvais un écho favorable à mes théories. La réponse fut plus que positive.

Tera se définit comme une expérience destinée à permettre une étude scientifique, un laboratoire à ciel ouvert pour reprendre les mots de Frédéric Bosqué, pour permettre d'élaborer ces outils qui nous permettraient de réfléchir une nouvelle manière de vivre ensemble.
De plus tous les résultats et outils issus de cette expérience serait mis a disposition de tous sous licence à réciprocité renforcé ou creative common.

 

Interview complète Tera.

Ce que je trouve le plus encourageant dans cette expérience est que les membres de Tera ont pris le parti de ne pas préjuger des résultats et de les soumettre à une analyse scientifique rigoureuse. Ce qui base la réflexion sur un plan bien différent de l'idéologie et ce qui donne selon moi toute la force du projet.
Tous les personnes croisées avaient le sentiment de faire pleinement partie de notre société . Ils étaient à la recherche d'une solution pour tous et ne se voyaient pas comme des réfugiés sur un radeau fuyant un monde qui coule.

Je pense que dans les années à venir Tera apportera des outils extrêmement utiles pour permettre le développement de nouvelle forme d'organisation et pourrait être une contribution majeure à cette économie à venir.

Mehdi Letaief à la découverte de Tera (Vlog)

Le lieu

Les gens

La conceptualisation

Le four

Une réflexion au sujet de « A la recherche d’une alternative économique. Chap.1 Tera »

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